" Depuis Hemingway,
comme des centaines d'autres personnes,
je suis fasciné par le drame qui se joue dans les
arènes. Artiste ou pas. L'homme passe bien avant l'artiste.
Même si c'est exactement cette qualité qui le différencie
de l'animal. Vous pouvez apprendre une foule de chose à un
chimpanzé,
avec qui nous partageons 99% d'ADN, vous ne lui apprendrez jamais à dessiner.
Ni à chanter, ni à composer quoique ce soit.
Aborder aujourd'hui l'univers de la course de taureaux en tant qu'artiste
est une sacré gageure. Je crois que c'est l'un des thèmes qui
demande le plus d' humilité ; Pas évident d'essayer de dire quelque
chose de pertinent après Goya et Picasso pour ne citer qu'eux. Impossible
de ne pas se faire envahir l'esprit par les icônes des anciens, subjugués
comme je le suis, par ce face à face qui relève plus de la mystique
sacrée que du spectacle.
Je n'ai pas osé, des années durant. Détruisant au fur et à mesure
les tentatives qui me semblaient de plus en plus maladroites, inutiles et dérisoires.
Pire: D'une affligeante banalité!
Puis vinrent les animaux. D'autres animaux. Rhinocéros, éléphants,
ours, chevaux... Et un beau jour voilà le taureau qui pointe son mufle.
Il ne me restait plus qu'à positionner l'homme.
La magie de la course de taureaux, vient de cette confrontation entre la force
brutale à l'état pur et la fragilité élégante
et gracile. Le renversement de l'ordre des choses, là sous nos yeux, est
un paradoxe que nous avons, et que nous aurons toujours, du mal à parfaitement
intégrer. Car tout est là : La brutalité est terrassée
par la fragilité!
David et Goliath, 100 fois rejoué, un mythe biblique prouvé en
direct-live!" |